États-Unis. Un visa à 100 000 dollars : Trump entend freiner l’arrivée des étrangers dans la tech

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Le président américain a signé, le 19 septembre, un décret qui fera passer le prix annuel du visa H-1B, nécessaire pour certaines professions spécialisées, à 100 000 dollars (soit 85 000 euros). Les Indiens seraient les premiers visés.

Pour le président américain, explique The Wall Street Journal, le raisonnement est simple : le visa H-1B, valable trois ans et renouvelable trois ans, “est utilisé par les entreprises de la tech pour éviter d’embaucher des travailleurs américains”. En faisant passer son prix à 100 000 dollars (85 000 euros), contre quelques milliers de dollars aujourd’hui, il entend forcer ces géants de la tech à ne chercher à l’étranger que des “personnes vraiment exceptionnelles” et à privilégier le recrutement des Américains.

“Formez des Américains. Arrêtez de faire venir des gens pour voler nos emplois”, a déclaré le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, à l’adresse des géants de la tech. Amazon, Google et Tesla comptent parmi les plus grands utilisateurs de ces visas dont le nombre est, depuis 2004, plafonné à 85 000 annuellement, précise la BBC. Ils font ainsi venir des informaticiens et autres ingénieurs en majorité d’Inde, ajoute The Wall Street Journal. L’an dernier, 71 % des travailleurs ayant obtenu un visa H1-B étaient originaires d’Inde, selon les données du gouvernement américain.

Une “gold card” à un million de dollars

Évoquant “une somme astronomique” pour désormais obtenir le visa H-1B, The Hindu entraperçoit des “répercussions négatives” pour les employés indiens. Mais aussi pour un grand nombre de petites entreprises et start-up américaines, note la BBC en citant l’avocate Tahmina Watson spécialisée dans le droit des immigrés. Pour elles, ce montant pourrait être “le coup de grâce”.

“Presque tout le monde va être exclu en raison des prix. Ce montant de 100 000 dollars va avoir un impact dévastateur.”

Tahmina Watson explique que de nombreuses petites et moyennes entreprises disent ne pas trouver les employés dont elles ont besoin. “Lorsque des employeurs parrainent des travailleurs qualifiés étrangers, c’est souvent parce qu’ils n’ont pas réussi à pourvoir ces postes”, ajoute-t-elle.

La mesure, complète CNNest “la dernière d’une série d’initiatives prises par l’administration pour lutter contre l’immigration et imposer de nouvelles restrictions sur les types d’étrangers autorisés à entrer dans le pays”. Parallèlement au nouveau prix du visa H-1B, Donald Trump a signé un décret créant une gold card à un million de dollars. En d’autres termes une carte de séjour pour les superriches. Howard Lutnick, à l’origine de l’initiative, estime qu’avec l’actuelle green card, les États-Unis accueillent les étrangers les moins qualifiés. “Nous n’accepterons que les personnes exceptionnelles, celles qui se trouvent tout en haut de l’échelle”, a lancé le secrétaire au Commerce, cité par CNN“Cela va être un immense succès”, a quant à lui prédit le locataire de la Maison-Blanche.

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